| |
Maurice
Richard est né et a grandi dans la banlieue montréalaise, à Bordeaux. Dès l'âge
de onze ans, il jouait déjà au hockey dans le Club de l'École St-François-de-Laval.
Le jeune Richard ne joua pas longtemps dans les «petites ligues»; il passa
rapidement au gros club de l'endroit qui portait le nom de ce secteur de la
ville, c'est-à-dire le «Bordeaux». Repêché par le club Paquette du Parc
Lafontaine, il s'y fait remarquer par Arthur Therrien qui le fait monter dans la
ligue junior de hockey où il évolue pour le «Club Maple Leafs» de Verdun
pendant deux ans. il accède enfin à la Ligue de Hockey senior de Québec pour
le «Club Canadien Senior» en 1940.
En 1942, il devenait joueur professionnel lorsque la Ligue Nationale de Hockey
l'engagea dans ses rangs pour le Club Canadien. Maurice Richard avait vingt-et-un
ans.
Depuis lors, jusqu'à sa retraite en 1960, le «Rocket» a participé à mille
cent onze (1 111) parties régulières et éliminatoires et il a réussi 1 091
points, soit 626 buts et 465 assistances, comptant ainsi une moyenne d'un point
par partie.
Ardent au jeu, volontaire et fonceur, batailleur pour se défendre et défendre
ses coéquipiers, il est pour ainsi dire entré vivant dans la légende. Son nom
est apparu sur la liste de seize nouveaux records en dix-huit ans de carrière
chez les «Canadiens». Il a contribué à huit championnats de la Coupe
Stanley. Il marqua en une seule partie trois fois quatre buts, trente-trois fois
trois buts et cent dix-sept fois deux buts. Il a été de la première ou de la
seconde équipe d'étoiles quatorze fois en dix-huit ans et il a compté vingt
buts et plus durant quatorze saisons consécutives. Plusieurs de ses records
n'ont jamais été égalés depuis.
Le célèbre numéro 9 du Canadien est détenteur de nombreux trophées, entre
autres: les trophées «Hart» et «Lou Marsh»; son nom est inscrit au Temple
de la Renommée depuis 1972. Il est officier de l'Ordre du Canada depuis 1967.
Les éditions Grolier Ltée lui consacrent un volume «Un bon exemple de ténacité
(Maurice Richard)» dans une série de vingt-quatre volumes intitulée «Les
belles histoires vraies».
Depuis 1960, toujours aussi populaire auprès des foules qui l'acclamaient et de
ses nouveaux adeptes, il voyage à travers le Canada pour promouvoir le hockey
comme discipline chez les jeunes.
|
|
Le Rocket, l'athlète québécois du siècle
Lorsque
le jeune Maurice Richard, en 1942, a endossé l'uniforme du Canadien pour la
première fois, il ne se doutait pas qu'il allait connaître une aussi grande
carrière. Mais surtout, il ne se doutait pas qu'il allait devenir l'idole de
tout un peuple.
Depuis qu'il a pris sa retraite, en 1960, le Rocket a eu droit à tous les
honneurs, à toutes les marques d'amour imaginables de la part de son sport, des
Québécois et des Canadiens. C'est donc sans surprise que les lecteurs de CANOË
l'ont élu l'athlète québécois du siècle.
Entre le 8 et le 22 décembre, CANOË a posé la question suivante dans la
section CHRONO-Sports: qui est le plus grand athlète québécois du siècle?
Un total de 2307 internautes se sont exprimés. Richard a reçu pas moins
de 61% des votes, devançant aisément Mario Lemieux (9%), sans doute le
hockeyeur le plus talentueux jamais produit au Québec.
Myriam Bédard, Gaétan Boucher, Guy Lafleur et Gilles Villeneuve ont tous
reçu 5% des votes. Jacques Villeneuve (3%), Jean Béliveau (2%) Jacques Plante
(2%), Gérard Côté (1%), Marcel Dionne (1%) et Yvon Robert (1%) ont fermé la
marche.
Par ailleurs, plusieurs lecteurs nous ont reproché d'avoir omis le nom de
Pierre Harvey dans la liste proposée des plus grands athlètes québécois.
Harvey, on le sait, a connu une magnifique carrière autant en cyclisme qu'en
ski de fond.
Les noms de Caroline Brunet, Bruny Surin, Patrick Roy, Henri Richard et
Bernard Voyer ont aussi été suggérés.
Au delà des chiffres
Quand on s'arrête aux statistiques de Maurice Richard, il y a de quoi être
impressionné: il a amassé 965 points, dont 544 buts, en 978 matches dans la
Ligue nationale. Il était encore plus dominant en séries, lui qui a récolté
82 buts et 126 points en 133 matches.
Encore aujourd'hui, il mène le Canadien pour les buts en saison régulière
et en séries. Il a conduit le Tricolore à huit conquêtes de la coupe Stanley.
Mais au delà des chiffres, il y a l'homme, le héros, l'idole. Le Rocket
a été le porte-étendard d'un peuple, les Canadiens français. En mars 1955,
ceux-ci causèrent une émeute après que Clarence Campbell, alors président de
la Ligue nationale, eut suspendu le numéro 9 pour le reste de la saison régulière
et pour toute la durée des séries.
"Maurice, c'est tellement plus que des buts et des coupes Stanley,
dit Jean Roy, ami personnel et agent de Richard. Ce qui m'a toujours impressionné
chez lui, c'est son amour pour les gens ordinaires. Il n'a jamais levé le nez
sur un partisan et n'a jamais demandé de l'argent pour signer un autographe.
C'est un homme du peuple et c'est pour ça que le peuple l'aime autant."
"J'avais six ans quand Maurice a commencé sa carrière avec le
Canadien, enchaîne Henri Richard. Le simple fait d'avoir jouer quelques saisons
avec lui demeure un grand moment dans ma vie. Je ne suis pas surpris du résultat
de votre sondage. Moi aussi, j'aurais voté pour Maurice."
Une santé chancelante
À 78 ans, Maurice Richard ne jouit plus d'une bonne santé. Son cancer
est en rémission, mais ses médecins ont récemment diagnostiqué chez lui un début
de Parkinson. Les sorties du Rocket seront dorénavant limitées au strict
minimum et les demandes d'entrevues sont toutes refusées.
"Maurice a besoin de repos, reprend Jean Roy. La maladie de Parkinson
lui cause des maux de jambes et des troubles de mémoire. Il est très touché
par tous ces hommages qui lui sont rendus, mais il souhaiterait vieillir en santé.
En fait, c'est le seul souhait qui lui reste."
L'athlète québécois du siècle n'a-t-il pas mérité de se reposer un
peu?
|
|
Le 28 décembre 1944, Maurice Richard, jeune
homme âgé de 23 ans, connut de grands transports. Après avoir déménagé
toute la journée - piano compris -, il se présenta au Forum pour affronter les
Red Wings de Détroit. Il établit un record dans la LNH ce soir-là : cinq buts
et trois passes qui donnèrent aux Canadiens de Montréal une victoire de 9
contre 1. Au septième match de la finale de la coupe Stanley contre Boston en
1952, la vue gênée par le sang d'une blessure encore fraîche, le Rocket
compta le but de la victoire. La foule l'ovationna pendant quatre minutes, du
jamais vu dans l'histoire du Forum.
Maurice Richard avait l'étoffe d'un héros. Le
Rocket, le joueur le plus explosif de sa génération, le héros national des Québécois,
électrisa les foules pendant 18 ans. Farouchement compétitif et véritable
dieu de la glace, Maurice Richard avait le génie du hockey. Au cours de la
saison 1944-1945, il marqua 50 buts en autant de matchs, l'exploit le plus célébré
pendant de nombreuses années. Il fut premier compteur de la LNH à cinq
reprises et remporta le trophée Hart en 1947. Par-dessus tout, Maurice Richard
excellait dans les situations critiques. Il marqua 18 buts gagnants dans les éliminatoires,
un record encore inégalé aujourd'hui.
La passion du Rocket, conjuguée à son tempérament
soupe au lait, tournait parfois au conflit et alla jusqu'à causer une émeute.
En mars 1955, au plus fort d'une bataille, Maurice Richard frappa un juge de
ligne. Lorsque Clarence Campbell, président de la Ligue, le suspendit pour le
reste de la saison, les partisans furent outragés.
Le soir suivant, Campbell osa se montrer au
match et les partisans ne purent se contenir. Ils se ruèrent sur lui, et la
violence se répandit jusque dans les rues. Ce fut la pire émeute de l'histoire
du sport au Canada.
La carrière de Maurice Richard prit fin en
1960, après une grave blessure au tendon d'Achille. Au cours de sa carrière,
malgré des absences répétées attribuables aux blessures, il a compté 544
buts en saison régulière et 82 dans les éliminatoires de la coupe Stanley.
Nommé athlète masculin de l'année à deux reprises, Maurice Richard demeure
l'" homme du siècle " pour de nombreux Québécois
|
|
| Lorsque
Maurice Richard annonça sa retraite, le 15 septembre 1960, il possédait
ou partageait plusieurs records individuels. |
| Plus de buts en une saison |
50 en 50 matchs |
| Plus de buts en carrière |
544 en 18 saisons |
| Plus de buts en carrière
incluant les séries éliminatoires |
626 |
| Plus de points en carrière
incluant les séries éliminatoires |
1091 |
| Plus de points dans un match en
saison régulière |
8 points (5 buts et 3 aides) |
| Plus de buts en une saison par
un ailier droit |
50 |
| La plus longue séquence de
matchs consécutifs avec but |
14 buts en 9 matchs |
| Plus de tours du chapeau en
carrière |
26 en 17 saisons |
| Plus de buts en séries éliminatoires
en une année |
12 buts en 9 matchs |
| Plus de buts gagnants en séries
éliminatoires |
18 buts en 15 séries |
| Plus de tours du chapeau en séries
éliminatoires |
7 matchs de trois buts ou plus |
| Plus de matchs en séries éliminatoires |
133 |
| Plus de buts en un match des séries
éliminatoires |
5 (Victoire des Canadiens 5-1) |
| Plus de mentions d'aide en un
match des séries éliminatoires |
5 |
| Plus de points en carrière en
séries éliminatoires |
126 (82-44-126) en 133 matchs |
| Plus de buts en carrière en séries
éliminatoires |
82 |
| Plus de matchs joués en carrière
dans la LNH |
978 |
| Statistiques
en carrière - LNH |
| |
Saison
régulière |
Séries
éliminatoires |
| Saison |
PJ |
B |
A |
Pts |
Pun |
PJ |
B |
A |
Pts |
Pun |
| 1942-43 |
16 |
5 |
6 |
11 |
4 |
- |
- |
- |
- |
- |
| 1943-44 |
46 |
32 |
22 |
54 |
45 |
9 |
12 |
5 |
17 |
10 |
| 1944-45 |
50 |
50 |
23 |
73 |
46 |
6 |
6 |
2 |
8 |
10 |
| 1945-46 |
50 |
27 |
21 |
48 |
50 |
9 |
7 |
4 |
11 |
15 |
| 1946-47 |
60 |
45 |
26 |
71 |
69 |
10 |
6 |
5 |
11 |
44 |
| 1947-48 |
53 |
28 |
25 |
53 |
89 |
- |
- |
- |
- |
- |
| 1948-49 |
59 |
20 |
18 |
38 |
110 |
7 |
2 |
1 |
3 |
14 |
| 1949-50 |
70 |
43 |
22 |
65 |
114 |
5 |
1 |
1 |
2 |
6 |
| 1950-51 |
65 |
42 |
24 |
66 |
97 |
11 |
9 |
4 |
13 |
13 |
| 1951-52 |
48 |
27 |
17 |
44 |
44 |
11 |
4 |
2 |
6 |
6 |
| 1952-53 |
70 |
28 |
33 |
61 |
112 |
12 |
7 |
1 |
8 |
2 |
| 1953-54 |
70 |
37 |
30 |
67 |
112 |
11 |
3 |
0 |
3 |
22 |
| 1954-55 |
67 |
38 |
36 |
74 |
125 |
- |
- |
- |
- |
- |
| 1955-56 |
70 |
38 |
33 |
71 |
89 |
10 |
5 |
9 |
14 |
24 |
| 1956-57 |
63 |
33 |
29 |
62 |
74 |
10 |
8 |
3 |
11 |
8 |
| 1957-58 |
28 |
15 |
19 |
34 |
28 |
10 |
11 |
4 |
15 |
10 |
| 1958-59 |
42 |
17 |
21 |
38 |
27 |
4 |
0 |
0 |
0 |
2 |
| 1959-60 |
51 |
19 |
16 |
35 |
50 |
8 |
1 |
3 |
4 |
2 |
| TOTAL |
978 |
544 |
421 |
965 |
1285 |
133 |
82 |
44 |
126 |
188 |
| Faits
saillants |
| 31 octobre 1942 |
Maurice Richard dispute son
premier match dans la LNH avec les Canadiens. |
| 8 novembre 1942 |
Maurice Richard inscrit son
premier but dans la LNH en déjouant le gardien Steve Buzinski des
Rangers de New York dans un match disputé au Forum et remporté par les
Canadiens 10-2. |
| 23 mars 1944 |
Maurice « Rocket » Richard
marque cinq buts et Hector « Toe » Blake obtient cinq passes,
contribuant à la victoire de 5 à 1 contre Toronto en demi-finale des séries
éliminatoires de la coupe Stanley. |
| 18 mars 1945 |
Maurice Richard devient le
premier joueur de la LNH à compter 50 buts en 50 matchs. Il réussit
l'exploit à Boston lors du dernier match de la saison régulière. |
| En 1952-53 |
Maurice Richard domine les
Canadiens au chapitre des buts, des passes, des points et des minutes de
pénalité. |
| 16 mars 1955 |
Maurice Richard est suspendu
par Clarence Campbell, président de la LNH, pour avoir frappé un juge
de ligne à Boston. La suspension est en vigueur jusqu'à la fin de la
saison régulière et pour la période des séries éliminatoires. |
| 17 mars 1955 |
Le lendemain de la suspension
du Rocket par Clarence Campbell, lors d'un match au Forum, les amateurs
démontrent leur frustration par ce qui est convenu d'appeler maintenant,
l'émeute. |
| 10 avril 1956 |
Maurice Richard marque le but
gagnant et les Canadiens triomphent 3 à 1 sur les Red Wings de Détroit.
Les Canadiens gagnent la série finale 4 à 1 et remportent la coupe
Stanley pour la huitième fois, la sixième au Forum. |
| 19 octobre 1957 |
Maurice « Rocket » Richard
devient le premier joueur dans la LNH à atteindre le plateau des 500
buts en déjouant le gardien Glenn Hall de Chicago à 15:52
de la première période. |
| 12 avril 1960 |
À l'occasion du 3e match de la
série finale contre Toronto, Maurice Richard marque son 82e et dernier
but en séries éliminatoires. |
| 14 avril 1960 |
Jean Béliveau marque le but
gagnant et les Canadiens triomphent 4 à 0 sur les Maple Leafs. Les
Canadiens gagnent la série finale 4 à 0 et remportent la coupe Stanley
pour la douzième fois, la cinquième consécutive. Maurice Richard
dispute le dernier match de sa carrière. |
| 15 septembre 1960 |
Maurice Richard annonce sa
retraite. |
| 6 octobre 1960 |
À la suite de la retraite de
Maurice Richard, le No. 9 est retiré de l'alignement en son honneur. |
|